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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

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Suite du Sixième Jour, Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix.

Suite du Sixième Jour, Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix.

Simultanément le globe tournait sans arrêt, jusqu’au moment où se réalisa la conjonction désirée.

Aussitôt l’horloge sonna une heure.

Dès que se produisit une nouvelle conjonction, l’horloge sonna deux heures.

Enfin, quand nous observâmes la troisième conjonction annoncée par l’horloge, le pauvre oiseau posa de lui-même son cou sur le livre, en toute soumission et se laissa docilement couper la tête par l’un d’entre nous, qui avait été désigné par le sort.

Mais pas une goutte de son sang ne coula avant qu’il n’eût la poitrine ouverte.

A cet instant, le sang jaillit d’un trait, frais et clair comme une source de rubis.

Sa mort nous alla droit au cœur, mais nous comprenions bien que nous devions l’accepter, notre secours ne pouvant pas venir d’un simple oiseau.

Nous débarrassâmes l’autel puis aidâmes la Jeune Fille à réduire en cendres, au moyen d’un feu allumé à la lampe, le corps gisant sur l’autel ainsi que la plaque qui y était suspendue. Puis nos purifiâmes plusieurs fois ces cendres et les déposâmes soigneusement dans un coffret en bois de cyprès.

Je ne peux passer ici sous silence la mystification dont moi et les trois autres fûmes l’objet.

Ayant recueilli les cendres avec soin, comme je viens de le dire, la Jeune Fille prononça ces mots :

« Dignes Seigneurs, nous nous trouvons ici dans la sixième salle et il ne nous en reste plus qu’une.

Là, nos peines prendront fin et nous retournerons au Château pour réveiller nos très Gracieux Seigneurs et Dames.

Or mon souhait était que vous tous, rassemblés ici, vous vous fussiez comportés de telle sorte que j’eusse pu vous louer auprès de notre Roi et notre Reine Vénérés et vous obtenir une juste récompense.

Or à mon grand regret, j’ai trouvé parmi vous quatre ouvriers paresseux et indolents » - ce disant elle me désigna ainsi que trois autres – « et comme je ne veux pas leur faire subir le châtiment mérité, par amour pour tous et chacun en particulier, je décide, afin que leur manque de zèle ne reste pas impuni, de les exclure de la septième opération, la plus noble ; à la suite de quoi ils n’auront plus de dettes envers Leurs Majestés Royales. »

Dans quel état me mirent ces paroles, on le devine.

La Jeune Fille gardait un tel sérieux que les larmes coulaient sur nos joues et que nous nous croyions les plus malheureux des hommes.

Aussitôt elle envoya l’une de ses servantes (dont un grand nombre étaient toujours présentes) chercher les musiciens, lesquels durent nous faire passer la porte au son des clairons avec tant d’ironie et de moquerie qu’à force de rire ils pouvaient à peine souffler.

Mais ce qui nous peinait le plus, c’était que la Jeune Fille rît si fort de nos larmes, de notre indignation et de notre abattement ;

et peut-être que certains de nos compagnons n’étaient pas fâchés non plus de notre malheur.

Mais l’affaire tourna fort différemment.

A peine la porte franchie, les musiciens nous dirent de nous réjouir et de les suivre dans l’escalier en spirale menant sous les toits, plus haut que le septième étage.

Là, nous retrouvâmes le Vieil Homme, que nous n’avions pas revu, devant un petit fourneau rond.

Il nous reçut amicalement et nous félicita de tout cœur d’avoir été élus par la Jeune Fille. Apprenant notre peur, il rit à s’en tenir les côtes de notre douleur pour un bonheur pareil.

« Mes très chers fils, » dit-il, « que ceci vous apprenne que l’homme ne sait jamais le bien que Dieu lui veut. »

A ces mots, la Jeune Fille s’avança vivement avec le coffret, se moqua beaucoup de nous, vida les cendres dans un récipient et remplit le coffret d’une autre substance, disant qu’il lui fallait maintenant aller tromper encore un peu les autres artistes, et que nous devions exécuter entre-temps ce que le Vieillard nous chargerait de faire et ne pas montrer moins de zèle qu’auparavant.

Sur quoi elle nous quitta et se rendit dans la septième salle, d’où elle appela nos compagnons.

Je ne sais pas ce qu’elle fit avec eux pour commencer ; non seulement il leur fut strictement interdit d’en parler mais, tout à notre tâche, nous ne pûmes regarder par le plancher. Notre travail consista à humidifier les cendres avec l’eau que nous avions préparée afin d’obtenir une pâte fine ; puis à mettre cette préparation sur le feu jusqu’à bonne température ; ensuite à la verser ainsi chauffée dans deux petits moules, ou formes, et à la laisser un peu refroidir.

A ce moment nous eûmes l’occasion de jeter un coup d’œil sur nos compagnons par une fente du plancher.

Ils s’affairaient également avec diligence autour d’un fourneau.

Chacun devait aviver le feu en soufflant dans un tube et tous en rond autour du feu soufflaient quasiment à en perdre haleine ;

ils croyaient réellement que leur sort était bien meilleur que le nôtre.

Cela dura si longtemps que le Vieillard nous rappela au travail, je ne puis donc dire ce qui se passa ensuite.

Nous ouvrîmes les moules et vîmes deux statuettes presque translucides, rayonnantes et d’une beauté telle qu’aucun œil humain n’en a encore jamais contemplée :

un petit garçon et une petite fille, ne mesurant que quatre pouces. Ce qui m’étonnait le plus, c’est qu’ils n’étaient pas rigides mais tendres et délicats, comme n’importe quel humain ;

mais ils étaient privés de vie et j’eus la conviction que la statue de Vénus était faite de même sorte.

Nous commençâmes par étendre ces deux enfants, beaux comme des anges, sur deux petits coussins de satin, puis nous les contemplâmes un long moment, tant et si bien que nous étions comme égarés à la vue d’une telle splendeur.

A suivre, suite du Sixième Jour.

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