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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

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Le Sixième Jour, suite.

Le Sixième Jour, suite.

Aux personnes instruites de juger s’il est question ici du sable ou de l’œuf.

J’ai mon opinion et ne la passe pas sous silence.

Pour lors notre œuf étant prêt, il fut retiré du chaudron.

Nous n’eûmes pas besoin de le percer, l’oiseau qui s’y trouvait se libéra lui-même rapidement et apparut tout joyeux, bien que difforme et couvert de sang.

Nous le déposâmes d’abord sur le sable chaud ; la Jeune Fille nous ordonna de l’attacher solidement avant de lui donner à manger, sinon il nous donnerait fort à faire.

Ce que nous fîmes.

Bientôt nous lui donnâmes à manger.

Ce n’était rien d’autre que le sang des décapités, dilué encore une fois dans une eau préparée. Dès lors l’oiseau grandit à vue d’œil, si vite que nous comprîmes les avertissements de la Jeune Fille.

Il donnait des coups de bec et de griffe autour de lui, si hostilement que s’il avait pu attraper quelqu’un, il lui aurait rapidement réglé son compte.

Il était à présent tout noir et très farouche ; puis on lui donna un autre repas, peut-être le sang d’une autre personne royale.

Il en perdit toutes ses plumes noires, que remplacèrent des plumes d’un blanc de neige.

Il se calma un peu, devint plus sociable, mais nous ne lui faisions pas encore grande confiance.

Après avoir pris de la nourriture pour la troisième fois, ses plumes prirent des couleurs si belles que je n’en avais jamais vues de telles dans ma vie.

Puis il se montra fort apprivoisé et si câlin envers nous qu’avec l’accord de la Jeune Fille nous le détachâmes.

« Il est maintenant juste, » dit Celle-ci, « que l’oiseau ayant reçu vie et haute perfection grâce à votre zèle et avec l’accord du Vieil Homme, il soit consacré par nous dans la joie. »

Sur quoi elle ordonna qu’on servît le déjeuner, afin de nous redonner des forces car maintenant le travail le plus difficile était fait et nous pouvions nous réjouir de la tâche accomplie.

Cela nous mit de bonne humeur.

Mais le fait de porter encore des habits de deuil nous semblait quelque peu absurde.

La Jeune Fille posait des questions aux uns et aux autres, sans doute pour découvrir qui, parmi nous, pourrait s’engager dans la tâche suivante.

Elle se souciait surtout de la fusion et elle se réjouissait fort lorsque quelqu’un faisait preuve d’un grand savoir faire, comme un artiste en particulier.

Le déjeuner ne dura que trois quarts d’heure, que nous passâmes en grande partie auprès de notre oiseau qu’il fallait sans cesse nourrir.

Mais à présent il ne grandissait plus.

Après le repas, on ne nous laissa guère le temps de digérer ; en effet, la Jeune Fille étant sortie avec l’oiseau, la cinquième salle nous fut ouverte ; nous y pénétrâmes de la façon décrite plus haut et offrîmes nos services.

Dans cette salle était préparé pour notre oiseau, un bain d’eau colorée par une poudre blanche, au point de ressembler à du lait.

Dans cette eau, froide pour commencer, on plongea l’oiseau, ce qu’il trouva très agréable.

Il en buvait et s’y ébattait joyeusement.

Bientôt cependant, les lampes placées en-dessous commencèrent à la chauffer et nous eûmes beaucoup de peine à l’y maintenir ; nous mîmes un couvercle sur le chaudron et lui laissâmes passer la tête par un trou, jusqu’au moment où il perdit toutes ses plumes et devint glabre comme un humain.

La chaleur ne lui causa pourtant aucun dommage ce qui ne laissa pas de me surprendre, car ses plumes s’y consumèrent entièrement et colorèrent le bain en bleu.

Enfin nous délivrâmes l’oiseau, qui sauta tout seul hors du chaudron, si lisse et si brillant que c’était plaisir à voir.

Cependant comme il était un peu agité, il fallut lui mettre un collier avec une chaîne et le promener de long en large dans la salle.

Pendant ce temps, on alluma un grand feu sous le chaudron pour y faire bouillir l’eau du bain tant et si bien qu’elle se transforma en pierre bleue *.

Nous la prîmes, la broyâmes, puis nous dûmes la réduire en poudre contre une autre pierre et finalement en peindre toute la peau de l’oiseau.

Il fut alors extraordinaire à voir, car il était maintenant entièrement bleu, excepté la tête restée blanche.

*Il est fait allusion ici au procédé qui dans la terminologie alchimique est décrit par le terme calcinatio.

Ainsi s’acheva le travail de cet étage.

Après le départ de la Jeune Fille et de son oiseau bleu, on nous demanda ensuite de nous rendre au sixième étage à travers la trappe, ce qui fut fait.

Mais là un sentiment de grave appréhension nous saisit ; en effet, au milieu de la pièce, se dressait un petit autel exactement semblable à celui que j’ai décrit dans la salle du Roi.

Les six objets cités s’y trouvaient placés, le septième était l’oiseau lui-même.

On lui présenta d’abord la petite fontaine, à laquelle il but une grande gorgée.

Puis il donna un coup de bec au serpent blanc, qui saigna abondamment.

Nous dûmes recueillir ce sang dans une coupe d’or et le verser dans le gosier de l’oiseau, qui se débattit fortement.

Ensuite nous tînmes la tête du serpent dans la fontaine, il reprit vie et se glissa dans la tête de mort, si bien que je ne l’aperçus pas de longtemps.

A suivre, la suite du Sixième Jour.

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