Un regard plus spirituel
14 Juillet 2014
Ma chambre donnait sur la haute mer, que je voyais bien car les fenêtres étaient près de mon lit.
A peine le douzième coup de minuit eut-il sonné que j’aperçus soudain un grand feu sur l’eau : plein d’effroi, j’ouvris en hâte la fenêtre pour regarder ce qui se passait.
Alors je vis s’avancer de loin sept vaisseaux, tous environnés de lumière.
Une flamme oscillait au-dessus de chacun, vacillant de-ci, de-là, s’abaissant de temps à autre, de sorte que l’idée me vint que c’était l’esprit des décapités.
Les vaisseaux s’approchaient lentement du rivage, chacun n’ayant qu’un seul capitaine à bord.
Dès qu’ils eurent touché terre, je vis notre Jeune Fille aller vers eux avec un flambeau, tandis que l’on portait derrière elle les six cercueils fermés et le coffret, qui furent placés respectivement dans chaque bateau.
A cette vue, je réveillai mon page, lequel me remercia cordialement ; ayant couru la journée entière, son sommeil lui aurait fait manquer l’événement, qui lui était familier du reste.
Les cercueils sitôt placés dans les bateaux, toutes les lumières s’éteignirent.
Les six flammes repartirent ensemble sur la mer, de sorte qu’il ne resta plus qu’une seule lumière veillant sur chaque bateau.
Quelques centaines de gardes en faction sur la rive firent rentrer la Jeune Fille au Château, qu’elle verrouilla soigneusement ; je compris donc qu’il ne se passerait plus rien désormais, et que je devais attendre le jour.
Nous nous laissâmes donc aller au repos.
J’étais le seul dont la chambre donnât sur la baie, donc le seul qui avait pu voir tout cela.
Très fatigué, je sombrai dans le sommeil au milieu de mes nombreuses réflexions.
A suivre : les commentaires de Jan van Rijckenborgh.