Un regard plus spirituel
14 Juillet 2014
Quand la représentation théâtrale est terminée et que la nuit du Quatrième Jour tombe, les candidats aux Noces Alchimiques se réunissent dans la salle supérieure, la chambre haute, afin de partager pour la première fois un vrai repas royal.
Vous comprenez peut-être pour la première fois un vrai repas royal.
Vous comprenez peut-être ce que cela veut dire.
En effet, vous connaissez tous la mission évangélique de la "préparation de la cène dans la chambre haute".
Les candidats revoient le petit autel dont nous avons déjà parlé;
l'autel où sont déposés les insignes de la dignité royale.
Dans la chambre haute, se trouvent, nous le savons, six personnes royales;
le vieux roi grisonnant et sa jeune épouse,
le roi noir âgé,
accompagné d'une très vieille femme, frêle et voilée;
puis deux jeunes gens, qui ne sont pas encore couronnés, bien qu'une immense couronne pende au-dessus de leurs têtes.
Suivent de jeunes vierges et damoiseaux, enfin les candidats aux Noces Alchimiques.
La grande couronne d'or, qui pend au-dessus de la table, répand une merveilleuse lumière rayonnante.
Le jeune roi fait envoyer plusieurs fois de la nourriture au serpent blanc de l'autel.
Mais il ne règne dans la salle aucune joie particulière;
tout se passe dans un silence étonnant.
C.R.C. est très ému par cette atmosphère singulière.
Cherchons la signification de ce passage.
Vous reconnaissez sans aucun doute les six personnes royales après tout ce que nous en avons déjà dit.
Dans l'homme né de la matière parlent deux voix, deux natures; la voix de ce qu'il appelle le bien, et la voix de ce qu'il appelle le mal.
Les deux ont un aspect positif et négatif, un pôle masculin et féminin.
Par suite, ils sont représentés dans la chambre haute, le sanctuaire de la tête, par quatre personnages : les rois et leurs épouses.
Si le roi noir et son épouse représentent le mal, il faut comprendre cette notion de "mal" au sens authentique de la philosophie gnostique.
Qu'est-ce que le mal?
N'est pas seulement mal ce qui est criminel, inférieur ou très mauvais.
le mal, au sens de la Gnose, est tout ce qui lie l'homme physique au nadir de la matérialité et veut lui faire trouver là sa destinée.
Qu'est-ce que le bien?
Au sens de la philosophie gnostique, tout ce que l'homme physique fait dans le nadir de la matérialité (où sa véritable destinée ne se trouve pas) pour découvrir la vie pure et véritable dont il pressent plus ou moins l'existence.
Nous voyons ainsi que le bien et le mal sont très apparentés l'un à l'autre, qu'ils sont inséparables dans ce monde corruptible, qu'ils vont dans des directions continuellement opposées et se maintiennent en mouvement l'un l'autre dialectiquement.
Ce que l'un fait, l'autre le détruit.
C'est ainsi que la nature de la mort tient l'homme éloigné de sa destinée.
Dans la chambre haute, les quatre personnes royales symbolisent cette idée.
Il est évident que, lorsque les hommes voient le cercle vicieux où les emprisonne la roue qui tourne, un profond désir surgit, dans le bon aspect de leur être, le puissant désir de trouver une solution, de trouver une issue.
Une aspiration et un effort les portent vers le bien positif qui, en fait, pourrait se réaliser.
Ce bien est le Bien originel, un bien ne comportant pas un double aspect.
Quand un homme conçoit un tel désir, un désir né de l'expérience, le sanctuaire du coeur s'ouvre au rayonnement du noyau de la monade; ainsi naît la jeune princesse, une âme d'un principe totalement différent.
Cette jeune âme, cette jeune souveraine est le cinquième personnage de la chambre haute.
A côté d'elle, nous voyons le jeune souverain, personnification de l'influence déjà notoire et régulièrement croissante de l'Esprit Septuple.
Ainsi la force de l'Ame nouvelle et la force de l'Esprit-Saint, quoique encore non couronnées (car les Noces, l'union, n'ont pas encore eu lieu) se trouvent déjà au milieu des souverains bien connus de la nature dialectique.
Situation exceptionnelle et singulière, en vérité !
Notons également que l'aspect négatif du moi est très vieux et décrépi et symbolisé par une femme au bord de la tombe, tandis que l'aspect négatif du roi grisonnant est jeune et plein de vitalité.
L'aspiration au bien, qui n'est plus entravé par le mal en train de mourir, ouvre une nouvelle possibilité, avec le don absolu de soi à l'"Autre" qui doit croître.
Cet aspect-là aussi apparaît comme une entité prête à mourir.
La première mort est la mort conforme à la loi.
La deuxième mort est celle de la reddition de soi, la mort de Jean.
Aussitôt qu'un homme refuse la nature dialectique, donc s'en sépare, le mal meurt.
Aussitôt qu'un homme appelle l'Ame à la vie, le bien relatif meurt aussi.
L'entité concernée est alors libérée, elle est libre.
Car au même moment viennent à elle l'Ame, dans le coeur, et l'Esprit, dans la pinéale, la reine et le roi nouvellement appelés mais non encore couronnés.
Que veut dire cela ?
A suivre.