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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

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Le Troisième Jour, Les repas du Jugement.

Le Troisième Jour, Les repas du Jugement.

Cette proposition plut à la Jeune Fille et obtint la majorité.

En outre, on servirait encore un repas à tous, ce dont on les informa aussitôt.

L'annonce de la sentence fut reportée à midi.

Ainsi prit fin le conseil.
Alors la Jeune Fille se retira avec sa suite à l'endroit habituel; dans la salle, on nous indiqua la table supérieure, en nous priant de nous en contenter jusqu'à la fin de toute l'affaire.

Ensuite nous serions conduits vers l'Epoux et l'Epouse et, dans cet espoir, nous attendîmes
tranquillement ce moment.
Entre temps, les prisonniers étaient ramenés dans la salle et placés chacun selon son rang.

On leur ordonna de se conduire plus convenablement que la veille, conseil superflu, le courage les avait depuis longtemps abandonnés.

Par souci de vérité et sans flatter quiconque, je dois témoigner qu'en général ce furent les grands
personnages qui surent le mieux s'accommoder de cette situation inhabituelle.

Leur comportement, il est vrai, était maladroit mais sincère.

Ils ne voyaient toujours pas les serviteurs, alors qu'ils nous étaient maintenant visibles, ce
dont je me réjouissais fort.

Si élevés que nous fussions par la fortune, nous ne nous en flattions pas devant les autres,
mais nous nous adressions à eux et les encouragions:

les choses ne tourneraient pas si mal à leur égard ! Ils eussent volontiers pris connaissance de la sentence, mais on nous avait si formellement interdit d'en parler que nul ne laissa
échapper un mot.

Nous les consolâmes donc de notre mieux, buvant avec eux afin que le vin les égayât un peu.
Notre table était recouverte de velours rouge et garnie de gobelets d'argent et d'or pur, ce que les autres observaient avec surprise et douleur.

Avant de prendre place, les deux pages entrèrent et remirent à chacun de nous, au nom de
l'Epoux, la Toison d'Or surmontée du Lion Ailé, en nous demandant de les porter à table et d'honorer ainsi le nom et la dignité de l'Ordre (où sa Majesté nous recevait aujourd'hui
et dans lequel Elle nous confirmerait bientôt avec la solennité requise).

Nous acceptâmes cette distinction avec la plus grande humilité, promettant de faire, avec
obéissance, tout ce qui plairait à sa Majesté.

Le page avait aussi une liste sur laquelle nous étions inscrits dans un ordre précis; et si je tais ici mon rang, c'est de crainte de me rendre peut-être coupable d'orgueil, ce qui signifierait
commettre une faute contre le quatrième poids.
Notre repas étant très copieux, nous demandâmes à l'un des pages s'il n'était pas permis d'en donner une petite portion à nos amis et connaissances parmi les condamnés.
Il nous l'accorda sans objection et chacun de nous les fit servir abondamment par ses serviteurs.

Ils ne pouvaient pas voir ces derniers, ils ne savaient donc d'où cela leur venait et je voulus apporter moi-même quelque chose à l'un d'eux.

A peine m'étais-je levé qu'un serviteur vint derrière moi me dire qu'il souhaitait amicalement me mettre en garde, car si un page me voyait, il le rapporterait au roi, ce qui me coûterait certainement très cher.

Mais comme il était le seul à l'avoir vu, il ne me trahirait pas si, par la suite, je respectais
mieux la dignité de l'Ordre.

Par ces mots, il me remit si bien à ma place que pendant un bon moment, je n'osai plus
bouger sur ma chaise. Je le remerciai néanmoins du mieux que je pus de ce loyal avertissement, pour autant que j'y songeai dans ma hâte et ma frayeur.
Peu après retentit de nouveau la sonnerie de trompettes.
Nous savions déjà par expérience qu'elle annonçait la Jeune Fille et nous nous préparâmes à l'accueillir.

Elle rentra, avec sa suite habituelle, assise sur son trône élevé;
les deux pages la précédaient portant, l'un une coupe d'or, et l'autre un document sur parchemin. S'étant levée avec grâce, Elle prit la coupe des mains du page et nous la tendit en
disant qu'elle nous était envoyée au nom et sur l'ordre de sa Majesté, avec prière de la faire circuler en son honneur.

Son couvercle portait une Fortune en or, moulée avec art, tenant dans la main une banderole rouge flottante; à cette vue, je bus avec moins de bonne humeur car je connaissais
suffisamment la cruauté de Dame Fortune.

A suivre : extrait de ce chapitre par Jan van Rijckenborgh

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