Un regard plus spirituel
14 Juillet 2014
A ce moment, notre Présidente s’avança.
Chaque jeune fille prit l’un de nous par la main et nous présenta au Roi avec une profonde révérence, après quoi la Présidente parla ainsi :
« En l’honneur de Vos Majestés Royales, très gracieux Roi et Reine, ces Seigneurs sont venus ici, au péril de leur vie, ce dont Vos Majestés peuvent se réjouir et aussi parce que la plupart ont les qualités requises pour agrandir Votre Royaume et ses Domaines, comme vous vous en rendrez compte vous-mêmes en examinant chacun d’eux. Je les présente très humblement à Vos Majestés, avec la modeste requête de me décharger de ma mission et de vous informer gracieusement de mes faits et gestes auprès de chacun d’eux. »
A ces mots, elle déposa sa branche de laurier sur le sol.
En fait, l’un de nous aurait dû intervenir à ce moment, mais comme nous restions silencieux, le Vieil Atlas s’avança et dit au nom de Roi :
« Leurs Majestés Royales se réjouissent infiniment de votre venue et souhaitent accorder à tous Leur Grâce Royale. De votre manière d’agir, Chère Damoiselle, elles sont aussi extrêmement satisfaites, c’est pourquoi une récompense royale sera votre partage. Leur souhait, cependant, est que vous continuiez encore aujourd’hui à prendre ces hôtes sous votre garde puisqu’ils n’ont à se plaindre de vous en aucune façons. »
Alors, notre Présidente reprit humblement la branche de laurier et nous dûmes, pour la première fois, quitter la salle avec elle.
Cette pièce était rectangulaire sur le devant, cinq fois plus longue que large, mais du côté de la sortie il y avait une grande niche, tel un portail, où étaient placés en cercle trois trônes splendides, celui du milieu un peu plus haut que les deux autres.
Sur chacun, deux personnes étaient assises ; sur le premier, un vieux roi à barbe grise et son épouse – qui au contraire était jeune et belle ;
sur le troisième, un roi noir entre deux âges et à côté de lui, une frêle et vieille femme, sans couronne mais voilée.
Au milieu, siégeaient deux jeunes gens.
Ils avaient des branches de laurier sur la tête alors qu’au-dessus d’eux était suspendue une grande et précieuse couronne.
Ils n’étaient, certes, pas aussi beaux que je me l’étais imaginé, mais c’est ainsi que cela devait être.
Derrière eux, sur un banc circulaire se tenaient un grand nombre de vieillards.
Je m’étonnai de constater qu’aucun d’eux ne portait d’épée ou d’autre arme.
Je ne voyais pas de gardes, sinon, assises des deux côtés de la niche, quelques jeunes filles qui étaient avec nous la veille.
Je ne puis m’empêcher de relater que le petit Cupidon folâtrait et virevoltait, surtout autour de la grande couronne.
De temps à autre, il s’asseyait entre les amoureux et leur souriait en jouant avec son arc. Parfois, oui, il faisait semblant de tirer sur l’un d’eux.
Bref, le coquin était si espiègle qu’il n’épargnait même pas les oiseaux volant en groupes dans la salle et les taquinait tant qu’il pouvait.
Les jeunes filles s’amusaient avec lui et, quand elles arrivaient à l’attraper, il ne s’échappait pas de sitôt.
Ce petit garnement apportait ainsi beaucoup de gaieté et de diversion.
A suivre : les commentaires de Jan van Rijckenborgh.