Un regard plus spirituel
26 Juillet 2013
CINQUIEME PECHE :
La libération de l’avarice.
Sur le cinquième palier, Dante rencontre l’âme du pape Adrien V qui se prépare, avec bonne volonté, à se libérer de l’avarice.
Il reconnaît en son for intérieur :
« Je fus une âme misérable et séparée de Dieu, du tout avare et, ainsi que tu vois, j’en suis puni ici.
Ce que fait l’avarice, ici se voit au châtiment des âmes converties ; et la montagne n’a pas de peine plus amère.
Comme notre œil jamais ne se leva vers le haut, toujours fixé sur les choses terrestres, ainsi la justice ici le plongea à terre.
Comme l’avarice éteignit notre amour pour tout vrai bien, nous empêchant de le faire, ainsi la justice nous tient ici immobilisés, pieds et mains étroitement liés… »
Purgatoire, chant XIX, 112-126
L’âme qui se laisse pénétrer par cette évocation y reconnaîtra ses propres tendances.
Dante est ému face à la douleur de cette âme dont la paisible compréhension rend possible la libération.
Au chant XX, Virgile et Dante s’entretiennent de la force impérieuse de l’esprit cupide du monde.
D’innombrables formes de dépendance à la matière existent.
Le texte les symbolise par la louve, déjà rencontrée au début du chemin.
Dante nous présente à nouveau cette volonté avide qui lie à la terre.
Elle réapparaît ici comme une volonté décuplée, suscitant cette invective :
« A vaincre une volonté plus forte, nulle volonté ne songe…
Ah ! Maudite sois-tu, Louve antique, qui va broyant plus de proies qu’aucun fauve dans le gouffre sans fond de ton horrible faim ! »
Purgatoire, chant XX, 1, 10-12
A suivre…