Un regard plus spirituel
26 Juillet 2013
La forêt des suicidés.
Parvenus sur l’autre rive du fleuve du sang, l’angoisse n’est pas moindre.
Dante nous en rapporte ses impressions lugubres :
« Nul vert feuillage, mais de couleur obscure, nul rameau droit, mais noueux et tordu, nul fruit n’avait, mais pointes à venin ».
Enfer, chant XIII, 4-6
Ils se trouvent en un lieu désertique, sauvage :
Aucun chemin, aucun pont qui le traverse.
Ici ne demeurent que les terribles harpies. Rien qui puisse seulement rappeler un être humain !
L’homme en est pourtant bien la cause.
La vie supérieure s’est totalement retirée de la nature, la volonté humaine, ayant gravement péché contre la Volonté universelle.
Effrayé et saisi de pitié, Dante tend l’oreille à la plainte de la nature violée ainsi qu’à l’âme de Pier delle Vigne (dans le poème) qui, sous la forme d’un arbre, lui adresse ces paroles :
« L’âme impitoyable, ayant quitté le corps dont elle s’est elle-même arrachée, Minos l’envoie dans la septième fosse.
Elle tombe en ce bois, sans lieu choisi, mais au point où la fortune la lance, et elle y germe, ainsi que grain d’épeautre ».
Enfer, chant XIII, 94-100