Un regard plus spirituel
26 Juillet 2013
Le Paradis trouve sa conclusion dans la contemplation du mystère de la Trinité divine.
En un ultime éclair, l'esprit de Dante est illuminé, l'ancien s'estompe.
Dante est désormais immergé dans la splendeur de la Lumière suprême.
Ainsi s'achève la Divine Comédie, offrant à votre coeur la magie de ces vers immortels :
"Dans la profonde et splendide substance de la haute Lumière, m'apparurent trois cercles de trois couleurs et de même étendue ; et l'un par l'autre paraissait réfléchi, comme Iris par Iris; et le troisième paraissait un feu qui de tous deux également émane.
O combien la parole est courte et combien faible à ma pensée !
Et celle-ci, auprès de ce que je vis, est telle que "peu" ce n'est pas assez dire.
O Lumière éternelle, qui seule en Toi reposes, seule Te connais, et connue de Toi et Te connaissant, T'aimes et Te souris !
Ce cercle qui, en Toi, semblait produit, comme fait la lumière réfléchie, lorsque mes yeux un peu le parcoururent, au-dedans de soi me parut offrir de sa propre couleur, notre image peinte, là où toute ma vue était plongée en lui.
Tel que le géomètre qui tout entier s'applique à mesurer le cercle et ne retrouve, en sa pensée, le principe qu'il lui faut ; tel étais-je à cette vue nouvelle : je voulais voir comment enfin l'image convient au cercle et comment elle y a son lieu.
Mais point n'auraient à cela suffi mes propres ailes, si mon esprit n'eût été frappé d'un éclair, par lequel s'accomplit son désir.
A la haute fantaisie manqua le pouvoir ; mais, comme une roue en rotation égale, tournaient déjà mon désir et vouloir, l'Amour qui meut le soleil et les autres étoiles."
Paradis, chant XXXIII, 115-145
Fin de la Divine Comédie.