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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

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Le Sixième Jour, La délivrance du vêtement de l'âme.

Le Sixième Jour, La délivrance du vêtement de l'âme.

Ensuite les douze personnes ressortirent pour aller chercher leurs instruments et accompagner d’une musique agréable l’entrée de la Jeune Fille et de ses servantes.

La Jeune Fille portait un petit coffret, les autres tenaient seulement des rameaux et des petites lampes, quelques-unes aussi des flambeaux allumés.

L’on nous donna aussitôt ces flambeaux, avec lesquels nous dûmes nous ranger tout autour de la Fontaine ; d’abord venait la Jeune Fille (A), entourée de ses vierges portant lampes et rameaux (c) ; puis c’était nous avec les flambeaux (b) ; ensuite les musiciens en rang (a) ; enfin les autres jeunes filles (d), également en rang.

D’où venaient-elles, demeuraient-elles dans la Tour, les avait-on conduites ici de nuit ?

Je n’en sais rien.

Comme tous leurs visages étaient recouverts d’un fin voile blanc, je n’en reconnaissais aucune.

………………..a

c……O……..b

…….A…….

………………d

A ce moment la Jeune Fille ouvrit le coffret où se trouvait un objet rond, enveloppé d’un double taffetas vert.

Elle le déposa dans le chaudron supérieur, qu’elle ferma avec un couvercle à rebord percé de petits trous.

Ensuite elle versa un peu des liquides préparés par nous la veille ; alors la Fontaine se mit bientôt à bouillonner et son contenu à refluer dans le chaudron par quatre petits conduits.

Sous le chaudron inférieur, cependant, il y avait de nombreux clous pointus, auxquels les jeunes filles suspendirent leurs lampes, afin de le chauffer et de faire bouillir l’eau.

Dès que celle-ci se mit à bouillonner, elle s’écoula goutte à goutte, par de nombreux petits trous, sur les cadavres qu’elle finit par dissoudre et liquéfier complètement tant elle était chaude.

Quel était l’objet supérieur, enveloppé et de forme ronde ? Mes compagnons ne le savaient pas encore.

Je comprenais cependant que c’était la tête du Maure qui portait l’eau à une telle chaleur.

En (b), le pourtour du gros chaudron était aussi percé de nombreux trous.

Les jeunes filles y piquèrent leurs rameaux ; mais était-ce vraiment nécessaire ou simplement pour la cérémonie ?

Je ne le sais pas.

Quoi qu’il en fût, la Fontaine arrosait continuellement les rameaux, ce qui jaunissait l’eau gouttant dans le chaudron.

Cela dura presque deux heures, la Fontaine coulait toujours d’elle-même, quoique de plus en plus faiblement.

Dans l’intervalle les musiciens étaient partis et nous marchions de long en large dans la salle.

Elle était d’ailleurs aménagée pour offrir de quoi passer le temps.

Il y avait des estampes, des peintures, des horloges, des orgues, des jets d’eau et autres choses analogues ; rien n’avait été oublié.

A la longue, la Fontaine ne voulut plus fonctionner et s’arrêta.

La Jeune Fille, aussitôt, fit apporter un globe d’or.

En-dessous de la Fontaine se trouvait un robinet, par lequel elle fit couler dans le globe la substance dissoute par les gouttes d’eau bouillante.

Une grande partie était d’un rouge très vif.

Toute l’eau restant en haut du chaudron fut jetée.

Puis on emporta la Fontaine qui était beaucoup plus légère maintenant.

Fut-elle ouverte hors de la salle et restait-il encore quelque chose à utiliser des cadavres ?

A vrai dire, je n’ose me prononcer.

Je sais pourtant une chose certaine : c’est que l’eau recueillie dans ce globe était si lourde que six d’entre nous et même plus ne pouvaient le porter, alors que le globe seul, d’après sa taille, ne devait pas excéder les forces d’un seul homme.

Après avoir fait passer le globe par la porte à grand peine, nous restâmes de nouveau seuls.

Comme je remarquais qu’à l’étage au-dessus, quelqu’un marchait de long en large, je jetai un coup d’œil sur mon échelle.

Il fallait entendre les idées extraordinaires que mes compagnons se faisaient de la Fontaine.

Persuadés que les morts gisaient dans le Jardin du Château ils ne pouvaient pas s’expliquer ce qui se passait là.

C’est pourquoi je remerciai Dieu de m’avoir tenu éveillé juste au bon moment et montré des choses me permettant de mieux comprendre tout ce que faisait la Jeune Fille.

Un quart ‘heure se passa puis, de nouveau, la trappe s’ouvrit au-dessus de nos têtes et on nous ordonna de monter, ce que nous fîmes comme la veille à l’aide des ailes, des échelles et des cordes.

Je ne fus pas peu chagriné que les jeunes filles eussent la possibilité de monter par un autre chemin, alors que nous devions nous donner tant de peine.

Je comprenais bien qu’il devait y avoir une raison particulière et que nous devions laisser le Vieil Homme faire aussi quelque chose.

D’ailleurs leurs ailes n’auraient servi aux jeunes filles que si elles avaient dû monter par la trappe.

Dès l’épreuve terminée et la trappe refermée, nous vîmes, au milieu de la salle, le Globe d’Or suspendu à une forte chaîne.

Dans cette pièce, il n’y avait que des fenêtres, entre chacune desquelles se trouvait une porte recouvrant seulement un grand miroir poli.

Ces fenêtres et ces miroirs étaient disposés optiquement les uns vis-à-vis des autres de manière que, bien que la lumière du Soleil (brillant alors avec une extraordinaire clarté) ne frappât qu’une seule porte (après qu’on eut ouvert les fenêtres du côté du soleil et retiré les portes recouvrant les miroirs), il semblait pourtant n’y avoir partout dans la salle que de soleils.

Par une savante réfraction, leurs rayons frappaient tous le Globe d’or suspendu au centre qui, lui-même poli et luisant, brillait d’un éclat tel qu’aucun de nous ne pouvait garder les yeux ouverts.

Il fallut tourner nos regards vers l’extérieur, jusqu’au moment où le globe fut à la bonne température et qu’on eût obtenu l’effet désiré.

Je dois dire ici que ces miroirs étaient pour moi la chose la plus extraordinaire que la nature eût mis à la lumière, car si de tous côtés brillaient des soleils, le Globe du milieu brillait encore plus fort en sorte que, tel le Soleil lui-même, nous ne pouvions en supporter un instant l’éclat.

Enfin la Jeune Fille donna l’ordre de recouvrir les miroirs, de fermer les fenêtres et de laisser un peu refroidir le Globe.

Cela se passait à sept heures.

Nous crûmes donc bien faire, comme nous pouvions prendre quelque repos, de nous réconforter en déjeunant.

Ce repas fut encore une fois très philosophique et, en vérité, nous n’eûmes à nous plaindre d’aucun excès sans par ailleurs manquer de rien.

Car l’espoir de la joie à venir, avec lequel la Jeune Fille nous soutenait sans cesse, nous rendait si heureux que nous oubliions nos peines et notre inconfort.

Je suis donc aussi témoin que mes compagnons, pourtant de noble origine, ne pensèrent jamais à leur cuisine et à leur table, mais prirent uniquement plaisir à suivre cette aventure scientifique et à méditer en conséquence sur la Sagesse et la Toute Puissance du Créateur.

A suivre, les commentaires de Jan van Rijckenborgh

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