Overblog Tous les blogs Top blogs Religions & Croyances
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Publicité

Le Quatrième Jour, La représentation théâtrale à la Maison du Soleil (1)

Le Quatrième Jour, La représentation théâtrale à la Maison du Soleil (1)

Peu après, elle nous avertit que nous devions attendre en ordre Leurs Majestés Royales dans la galerie où nous fûmes bientôt conduits.

Nous n’y restâmes pas longtemps, le cortège royal était déjà prêt mais sans la moindre musique.

En tête, marchait la Reine inconnue venue parmi nous la veille, portant une couronne petite et précieuse et vêtue de satin blanc.

Elle avait seulement un petit crucifix fait d’une unique perle, laquelle avait été précisément ouverte ce jour-là entre le jeune Roi et sa Fiancée.

Après elle, venaient les six principales jeunes filles sur deux rangs ; elles portaient le joyau du Roi qui avait sa place sur le petit autel.

A leur suite venaient les trois rois, le fiancé au centre, simplement vêtu d‘un habit de satin noir de coupe italienne.

Il portait un petit chapeau rond, noir, orné d’une plume noire petite et pointue ; il le souleva aimablement devant nous pour montrer ses bonnes dispositions à notre égard.

Quant à nous, nous lui fîmes une révérence ainsi qu’aux autres comme on nous l’avait prescrit.

Après les rois venaient les trois reines, dont deux étaient richement parées.

Seule celle du milieu était également entièrement vêtue de noir ; Cupidon portait sa traîne. Ensuite, on nous fit signe de suivre, puis venaient les jeunes filles, enfin le Vieil Atlas fermait le cortège.

Après avoir défilé ainsi le long de multiples couloirs richement décorés, nous finîmes par arriver à la Maison du Soleil pour assister auprès du Roi et de la Reine, dans une tribune de cérémonie que l’on avait construite là, à la comédie présentée.

Nous nous tenions à la droite des rois, mais à distance ; les jeunes filles étaient du côté gauche, à l’exception de celles qui avaient reçu les insignes royaux.

A ces dernières, on désigna une place particulière, tout au sommet.

Les autres serviteurs durent se placer entre les colonnes et s’en contenter.

Comme cette comédie offrait de nombreux sujets intéressants à méditer, je ne puis m’empêcher d’en donner un bref résumé.

Apparaissait d’abord un vieux Roi avec quelques serviteurs ; devant son trône un coffret était porté que l’on avait trouvé flottant sur l’eau, lui dit-on.

Le couvercle soulevé, il y trouvait un bel enfant, quelques bijoux et un parchemin cacheté adressé au Roi.

L’ouvrant immédiatement, il se mettait à pleurer en prenant connaissance de son contenu.

Puis il expliquait à ses serviteurs comment le roi des Maures avait malheureusement envahi le royaume de sa tante et massacré toute la descendance royale, excepté cet enfant, alors qu’il avait toujours projeté de marier son fils à la fille de sa tante.

Sur quoi il jurait de vouer au Maure et à ses suppôts une inimitié éternelle et de tirer vengeance de ce qui s’était passé.

En même temps, il ordonnait d’élever tendrement l’enfant et de s’apprêter à la lutte contre le Maure.

Ces préparatifs, et l’éducation de la petite fille (confiée à un vieux précepteur dès qu’elle était un peu plus grande), occupaient le premier acte entier en divertissements raffinés et dignes d’éloges.

Comme intermède fut présenté le combat d’un lion et d’un griffon et la victoire revint au lion, ce qui est bien compréhensible.

Au deuxième acte, entrait en scène le Maure, un noir plein d’astuce.

Avec dépit il apprenait que son crime était découvert et qu’une petite fille y avait échappé grâce à une ruse.

Il se demandait alors quel stratagème employer pour vaincre un ennemi si puissant, quand le moyen lui en était donné par des réfugiés poussés chez lui par la faim.

Lorsque, contre toute attente, la jeune fille retombait entre ses mains, il l’aurait fait aussitôt étrangler, s’il n’avait été trompé par ses propres serviteurs de façon miraculeuse.

Ainsi l’acte s’achevait sur une victoire du Maure très particulière.

Au troisième acte, on rassemblait contre le Maure, au nom du Roi, une grande armée commandée par un vieux et vaillant Chevalier.

Il envahissait le royaume du Maure, délivrait la jeune fille de la tour par la force et lui faisait donner des vêtements nouveaux, puis on élevait promptement une belle tribune où elle prenait place.

Ensuite apparaissaient douze envoyés du Roi, auxquels le Chevalier cité plus haut adressait ces paroles : son très gracieux Seigneur et Roi n’avait pas seulement sauvé la jeune fille de la mort pour la deuxième fois, il ne l’avait pas seulement fait royalement éduquer (bien qu’elle ne se fût pas toujours conduite comme elle l’aurait dû), mais Sa Majesté l’avait encore élue parmi beaucoup comme épouse pour son jeune Seigneur et Fils, et désirait lui faire la grâce de rendre leurs fiançailles effectives, à condition qu’elle prît l’engagement de s’acquitter envers sa Majesté des obligations suivantes.

Sur quoi il lisait dans un document quelques beaux préceptes, dignes d’être cités si cela ne nous entraînait pas trop loin.

Bref, la jeune fille faisait serment de s’y tenir exactement et remerciait de la grâce accordée de la manière la plus distinguée.

Ensuite tous entonnaient un chant de louanges à Dieu, au Roi et à notre Présidente, puis quittaient la scène.

Publicité
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article