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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Articles avec #regard sur un livre catégorie

Publié par Gisèle sur
Publié dans : #regard sur un livre

Emission sur France Culture, les racines du ciel.

MANI, Christ d'Orient, Boudda d'Occident, François FAVRE, Editions du Septenaire.

Ce livre audacieux et explosif, rigoureux dans sa démarche et révolutionnaire dans ses conclusions, explique en quoi l'homme de ce début de troisième millénaire est plus que jamais concerné par les interrogations comme par les réponses que proposa le manichéisme, et montre comment l'oeuvre exceptionnelle de Mani et de ses disciples détient, peut-être, le secret de notre avenir...

Lorsqu'on parle aujourd'hui de manichéisme, on songe rarement à cet homme exceptionnel, à ce Messager de la Lumière que fut MANI, (216-276).

Sept siècles après le Bouddha, deux siècles après le Christ, quatre siècles avant Mahomet, celui qui se présentait déjà comme le réunificateur de l'Orient et de l'Occident, le "Paraclet de la Vérité" ou le "Sceau des Prophètes", transmit une vision du monde et de la vie si puissante qu'elle se répandit, de manière totalement pacifique, de l'Afrique à la Chine, des Balkans à la péninsule arabique.

Mani, qui fut aussi un peintre sans égal, un grand poète, un musicien de talent et un médecin remarquable, démontra l'unité à l'arrière-plan des diverses religions.

Il enseignait aux chrétiens l'aspect profond, ésotérique, du christianisme universel, dévoilait aux mages d'Iran le véritable sens du message de Zoroastre, expliquait aux bouddhistes le chemin de la libération.

L'"Eglise de Justice" qu'il avait fondée pour transmettre les mystères de l'Homme Parfait, illumina des millions d'âmes pendant plus de mille ans.

Or que reste-t-il de cette "Religion de Lumière", tolérante, non violente, unificatrice, qui embrasa le monde et bouleversa tant d'êtres?

Pourquoi le manichéisme, si généreux, si profondément humaniste et universel, fut-il persécuté inlassablement par tous les empires et toutes les religions?

Les véritables causes du génocide des manichéens sont-elles seulement d'ordre théologique, philosophique ou politique ?

Ecoutez l'émission sur ce lien, du livre réalisé par François FAVRE, sur les racines du ciel, France Culture.

Publié par Pierre sur
Publié dans : #regard sur un livre

Nous vous proposons un extrait du livre « DE PROFUNDIS » d'Oscar Wilde que nous avons intitulé : « Jésus : Artiste primordial ».

C'est bien ici la capacité créatrice et imaginative universelle que l'auteur pressent dans la figure du Christ.

 

«Non seulement pouvons-nous discerner chez le Christ cette étroite union de la personnalité et de la perfection qui, dans la vie, constitue la véritable distinction entre les mouvements classique et romantique, mais la base même de sa nature était identique à celle de l'artiste : une intense et ardente imagination. Il manifesta, dans toute la sphère des relations humaines, cette sympathie imaginative qui, dans le domaine de l'art, est l'unique secret de la création. Il compris la lèpre du lépreux, les ténèbres de l'aveugle, la cruelle misère de ceux qui vivent pour le plaisir, l’étrange pauvreté des riches. [.....] En vérité la place du Christ est parmi les poètes. Toute sa conception de l'humanité est née de l'imagination, qui seule pouvait la permettre. L'homme était pour lui ce que Dieu était pour le panthéiste. Il fut le premier a entrevoir comme une unité les races divisées. Il y avait eu avant lui des dieux et des hommes. Lui seul vit que, sur les sommets de l'humanité, seuls comptaient Dieu et l'homme. Et, grâce au mysticisme de la sympathie, sentant que l'un et l'autre s’étaient incarnés en lui, il se dénomme, selon son humeur, le Fils de Dieu ou le Fils de l'homme. Plus qu'aucun autre dans l'histoire, il éveille en nous cette faculté d’émerveillement à laquelle le romanesque fait toujours appel. Il y a encore pour moi quelque chose de presque incroyable à l’idée qu'un jeune paysan galiléen puisse s'imaginer capable de porter sur ses épaules le fardeau du monde entier : tout ce qui avait déjà été fait et souffert et tout ce qui devrait encore être fait et souffert...»

 

  extrait du livre « DE PROFUNDIS » d'Oscar Wilde

Publié par Alain sur
Publié dans : #regard sur un livre

     « Comme le brouillard est la grande nostalgie. Emise par le cœur, elle enferme le cœur comme la brume, effusée par la mer et la terre, efface aussi bien la terre que la mer.
     Et de même que la brume dépossède l’œil de la réalité visible en faisant d’elle-même la seule réalité, ainsi cette nostalgie subjugue les sentiments du cœur et se transforme en sentiment principal. Et apparemment aussi dénuée de forme, et sans but, et aveugle comme la brume, cependant telle la brume elle fourmille de formes à naître, voit clair et a un but bien précis.
     Comme la fièvre est aussi la grande nostalgie. Une fièvre, enflammée par le corps, sape la vitalité du corps tout en faisant brûler ses poisons : de même cette nostalgie, née de la friction dans le cœur, débilite le cœur,  car elle élimine par  combustion ses scories et toute superfluité.
     Et comme un voleur est la grande nostalgie. Car comme un voleur furtif soulage sa victime d’un fardeau, tout en la laissant cruellement affligée, de même cette nostalgie, à la dérobée, retire toutes les charges du cœur, en le laissant tout à fait inconsolable et alourdi par son manque même de charge.  
     … La grande nostalgie a rendu ton univers trop petit, et fait de toi un étranger en ce monde. Elle a débridé ton imagination de l’emprise des sens despotiques ; et l’imagination t’a apporté la foi.
La foi va te soulever bien haut par-dessus le monde stagnant, querelleur, te transportera à travers la vacuité effrayante jusqu’à la Montagne Rocailleuse où toute foi doit être éprouvée et purifiée des derniers résidus de doute.
     La foi ainsi purifiée et triomphante te conduira aux frontières du sommet éternellement vert et là te remettra aux mains de la compréhension. Ayant accompli sa mission, la foi se retirera, et  la compréhension guidera tes pas vers la liberté indicible du sommet qui est la véritable, illimitée, universelle maison de Dieu et de l’homme vainqueur. »


Extrait de « le livre de Mirdad » de Mikhaïl Naimy,
éditions du Septénaire

 

Mais qu’es-ce que la Foi ?

      « La langue Sacrée de tous les temps nous fait comprendre que la foi n’est pas la confession ou l’acceptation d’une doctrine ou d’une église, d’une école ou d’un dieu, mais qu’elle se rapporte à une possession dont il faut être essentiellement conscient  une possession  qui doit être éprouvée dans le sanctuaire du cœur, qui doit y « établir sa demeure », en d’autres termes ; que l’atome primordial, l’atome-étincelle d’esprit doit être revivifié.
    
Il n’est pas, il ne peut pas être question de foi avant que cet atome ne soit éveillé ; tout n’est avant cela que parlotes dialectiques, imitation, religion naturelle.
     … Quand l’atome primordial est mis en action et que le candidat se confie, se rend à lui, ceci représente une revivification du sang. Quelque chose entre dans notre être, qui étincelle jusque dans chaque cellule de notre existence …
     Celui qui éprouve dans le sang le bienfait de l’atome primordial et qui, ainsi, s’axe sur le chemin, arrive également à la connaissance…
     L’atome primordial, libère une nouvelle hormone et influence ainsi le sang. En conséquence, une nouvelle torche est allumée dans le sanctuaire de la tête  la torche de la pinéale. Or, c’est la lumière de cette torche qui met le candidat en rapport avec la Gnose universelle, avec «Cela », avec « Tao », avec la Connaissance qui est comme une plénitude vivante, une réalité vivante et vibrante, avec le Grand Livre de la Vie, comme disent les Rose-Croix classiques. »

Extrait de « un Homme Nouveau Vient » de J.V RIJCKENBORGH,
éditions du Septénaire

 

Atome primordial, Atome-Etincelle d’Esprit,  Rose du cœur, grain de sénevé, pierre philosophale, fleur du lotus : vestige de notre identité spirituelle originelle en relation direct avec le cœur.

Pour ceux que çà intérésse :  www.septenaire.com

Publié par sur
Publié dans : #regard sur un livre

Lors de cette étude, nous désirons entreprendre avec le lecteur le décryptage du conte de St Exupéry « le Petit Prince », afin d'établir un lien entre la narration du récit et le mythe du devenir spirituel de l’homme. Pour mener à bien l’objectif fixé, le lecteur devra faire abstraction des éléments narratifs auxquels eut recours l'auteur pour rendre agréable le récit et lui donner un caractère poétique et naïf (personnification de la fleur etc...) En effet, ces éléments peuvent brouiller les pistes voire perturber la représentation de la trame en tant que ré-actualisation de l’épopée de l’humanité qui poursuit sa destinée divine.

Une fois ce dépouillement fait, le conte apparaît comme une succession de symboles fort frappants appartenant à la tradition universelle. Aussi, comme nous le verrons par la suite, certaines images font étrangement écho à la tradition biblique ou à un ésotérisme plus contemporain appartenant à certaines traditions rosicruciennes.

Le lecteur avisé fera lui-même ces rapprochements bien que certains d’entre eux peuvent sembler plus hermétiques que d’autres. Il s'agit donc de mettre en lumière le contenu symbolique éminemment spirituel et de l’offrir au lecteur désireux d’aller au-delà d’une simple histoire pour enfant.

Dès la dédicace, l’auteur met le lecteur face à une exigence essentielle : redevenir enfant. Il ne s'agit pas ici d' une jeunesse physique, mais bien plutôt d’une jeunesse de l’esprit. Le lecteur doit retrouver la faculté imaginative propre à l’enfant, la flexibilité, la souplesse de l'esprit qui n'a pas encore été formaté par une utilisation excessive d'une pensée raisonnable et analytique. Il ouvre l'être à une forme plus imaginative et analogique, à une sensibilité qui laisse une plus grande place à la pénétration du "magique". C’est de ce pré-requis que l'auteur démarre véritablement son histoire.

Une fois ce préambule achevé, il place le lecteur face à une des grandes étapes du processus de développement spirituel. Le narrateur se trouve dans le désert à cause d'une panne d'avion. Le désert est un symbole fort. Il correspond à une frontière, à la fin d'un développement basé sur l'ego et au début d'un processus qui repose sur l’âme divine. L'homme qui, après avoir épuisé toutes les stimulations que vont lui offrir la vie de ses sens et de son ego, se trouve véritablement dans un désert à la fois de stimulation et surtout de sens (signification). Toutes les directions ou tentatives sont veines pour satisfaire le profond sentiment d'insatisfaction qui règne en lui. Il ne sait plus vers quoi se tourner. Il est alors métaphoriquement dans un désert. La panne de son avion ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle il se trouve. Il n'a plus d'échappatoire. Aussi, si le désert marque un terme à cet ancien système de vie, il offre dans le silence, ou absence de stimulation, la possibilité de gestation d'une autre réalité, d'une autre conscience. Il marque, ainsi, le début d'un nouveau processus de développement possible basé sur la conscience âme spirituelle. Ainsi, apparaît, sorti de nulle part, le petit prince. C'est un être qui vient du ciel, symboliquement il est divin. Son apparition est très intéressante. Sa question semble si incongrue que l’aviateur ne comprend pas tout à fait la question. Il ne comprend pas non plus d'où a pu surgir cet être. En effet, il ne peut pas, au départ, le reconnaître autant par le langage que par sa présence énigmatique. Cette impossibilité à le reconnaître est due au fait que l'âme ne fait pas partie du monde de l'ego. Le petit prince vient d'une autre planète. L'âme appartient à une autre réalité, à un autre domaine de conscience. Cependant, remarquons bien que l'ego, l'aviateur, n'a pas le choix de ("ne pas lui obéir" ou "de lui obéir ou non" (?) lui obéir. La puissance du mystère est telle que la conscience moi est contrainte de lui obéir, ce qu'elle fait sans rechigner. A partir de ce moment-là, le lien est établi. Remarquons que tout le long du récit le petit prince ne répond pas aux questions de l'aviateur, mais plutôt il lui raconte l'épopée de sa vie. Cela n' est pas dû au fruit du hasard, car la conscience âme ne répond pas aux exigences de l'ego, elle enseigne l'être sur les réalités spirituelles. Elle ne lui parle pas, elle lui raconte sa vie, son origine.

Commence alors un jeu discursif qui permet de faire cohabiter deux espaces symboliques en même temps. L'espace symbolique aviateur/petit prince et petit prince/ rose. On se rend compte alors que le rapport qui unit chacun des deux binômes est identique mais ils ne se réfèrent pas au même plan de manifestation.

Afin d'éclaircir ce procédé, analysons la planète du petit prince. Sa planète ronde est toute petite. On peut littéralement le traduire par une notion chère à l’antiquité qui voyait l'homme comme un microcosme, soit petit monde. On nous dit de cette planète, qu'elle possède trois volcans, c'est-à-dire trois centres de conscience. Mais seuls deux sur trois fonctionnent, le troisième étant endormi. Une autre présence est fondamentale, la rose. C'est à dire l'âme divine. Le lien entre le microcosme et le divin est actif. Le Petit Prince entretient parfaitement sa planète. Il est le gardien des règles. Il acquiert un statut de serviteur de l'Ordre. Il est tel Abel, une entité qui maintient les rites, qui prend soin de ses attributs et de son lien avec le divin. La présence de la rose atteste de cette liaison. Cependant, le microcosme ne peut aller au-delà de cette fonction. Il ne peut qu'entretenir l'héritage légué, mais en aucun cas il pourra permettre une expansion du divin, c'est à dire prendre part à la fonction créative divine.

A ce sujet nous aimerions faire une digression. Le Petit Prince est obsédé par les pousses de baobabs qui mettent en péril l'intégrité de sa planète. Anaphoriquement nous pouvons établir un lien entre les baobabs et le système du penser non maîtrisé, sujet aux impulsions du corps astral. En effet, une pensée commence avec peu d'ampleur, au moment de sa naissance. Elle est encore suffisamment frêle pour que l'individu, en ne l'alimentant pas, puisse la faire disparaître. Si par « paresse » ou « négligence » la pensée est alimentée, elle devient petit à petit un baobab aux racines profondes qui pousse le système à son autodestruction. C'est ce que Shakespeare dénonce lorsqu'il écrit Othello. Il présente un roi, parfait sous tous les aspects, qui se laisse insidieusement empoisonner par une pensée insignifiante et saugrenue. Mais par négligence il alimente celle-ci qui le poussera à la folie, c'est-à-dire au meurtre de celle qu'il aime.

Donc, d'Abel, le Petit Prince doit devenir Caïn, c'est-à-dire en finir avec le rite pour devenir lui-même créateur. Il doit devenir non pas un gardien mais véritablement un créateur du divin. Voilà pourquoi seulement deux des trois volcans fonctionnent. Le centre de l'esprit, c'est-à-dire la tête, la Connaissance, le nouveau penser n'est pas encore en activité. Pour cela, il rompt son lien avec sa patrie, afin de mettre en activité ce centre de la Connaissance et d'acquérir le pouvoir créateur. Le premier homme était un être vivant et le dernier sera un être vivifiant.

Nous voici aux portes du mythe d’Adam et Ève. Ils vivent en harmonie avec la manifestation divine. Mais la connaissance nécessite une rupture avec la manifestation. Afin de la retrouver après un processus de formation, ils mordent le fruit de la dialectique, de l'arbre du bien et du mal. Mais cette dialectique n'est pas la nature de la mort. Il s'agit de la dialectique prévue par Dieu, c'est-à-dire un espace pédagogique où le microcosme s'inscrit dans un processus de maturation. Ce processus n'est en rien source de cristallisation mais bien d'apprentissage. Le Petit Prince illustre ainsi les vagues microcosmiques qui ont plongé dans ce processus. Aussi, la pureté du Petit Prince et le souvenir de son lien divin (la rose) lui permettent de suivre sans encombre les leçons de cette dialectique divine. Elles l'enseigneront. Mais dans un premier temps, il rencontre des microcosmes dégradés qui ont perdu le lien et le souvenir avec leur réalité spirituelle. Ils sont pleinement identifiés à une dialectique de cristallisation. Aussi très rapidement sans s'y attacher, le Petit Prince découvrira des caractéristiques égotiques propres à la nature cristallisante : l'orgueil, la vanité, l'autorité etc… Seul, à ses yeux, l'homme au réverbère trouve grâce. Cela est d'autant plus normal que l'allumeur de réverbère respecte lui aussi la loi, c'est-à-dire le rite. Mais la loi n'est plus, à ce moment, adéquat dans le système du Petit Prince. C'est pourquoi elle apparaît comme absurde. Le Petit Prince arrive donc sur Terre, dans le désert lui aussi, tel Jésus dans l'étable. Il poursuit sa gestation. On apprend par son récit que les grandes forces dialectiques, le renard, lui enseigne la valeur du spirituel. Sa rose n'est pas semblable aux milliers d'autres. Il apprend donc le discernement. Le souvenir est remplacé par le sentiment de responsabilité et c'est ce nouveau sentiment qui le meut. Ces forces lui offrent même la possibilité de retour vers sa planète originelle. Elles offrent la résolution de toutes les énigmes posées par la dialectique divine. C'est donc par l'intermédiaire du serpent que le cycle peut s'achever.

Tel Judas qui permet la révélation christique au monde, le serpent, en donnant métaphoriquement la mort, permet à l'entité un voyage sans risque de retour vers la manifestation divine. Ainsi l'âme éveillée du microcosme, sous la figure du Petit Prince, enseigne le système nouvellement éveillé de l'aviateur sur son origine et sa mission en dévoilant les tribulations de son processus. Ce mythe, en tant qu’épopée des vagues d'incarnations des microcosmes est révélé au microcosme déchu qui fait de nouveau l'expérience consciente du lien rétabli avec sa réalité spirituelle. Cela n' est pas un hasard si la durée du séjour dans le désert est de 8 jours. En effet, la valeur symbolique du 8 en tant que porte ouvrant sur le chemin initiatique de l'âme s'inscrit parfaitement dans la cohérence de notre analyse. Le narrateur réussit donc un tour de force en superposant les réalités macrocosmique et microcosmique. Il démontre, ainsi, la simultanéité de ces processus qui s' inscrivent dans un processus collectif ou individuel.

Cette rencontre, qui confond l'un et l'autre plan, permet de reprendre le récit comme si l'aviateur et le Petit Prince étaient une seule et même personne ou plus précisément comme s'il s'agissait d'un seul et même processus de maturation. Les voilà tous deux dans le désert avec la soif qui les tenaille. Ils suivent chacun leur propre processus mais en même temps ils parcourent le même, car il est de caractère universel. Il est en lui-même un processus archétypal. Le Petit Prince enseigne l'aviateur simplement car il se trouve sur un plan de manifestation plus vaste. Cependant cela ne l'empêche pas d'avoir à réaliser lui-même la quête héroïque et c'est parce qu'il parcourt ce processus qu'il peut l’enseigner.

Revenons à la soif et au manque d'eau. Nous comprenons rapidement que cette eau est également métaphorique. D’où le discours du Petit Prince : « oui c'est cette eau là que je veux », « elle est bonne pour le cœur ». Il ne s'agit pas ici de n'importe quelle eau ni de n'importe quel puits. En effet, le Petit Prince se réfère à l'eau de Vie issue de la source de la Vie. Elle est l'énergie de Vie qui soutend toute la manifestation. Elle est l'Aleph de la Cabale, c'est-à-dire l'énergie primordiale et régénératrice. C'est pourquoi elle a la capacité d'animer le cœur c'est-à-dire l'âme. Elle offre des forces vives pour que le nouveau système qui se met en place puisse entrer en activité et se substituer efficacement à l'ancien système. Sans cette nourriture, donc sans la capacité à puiser dans le puits universel, le nouveau système ne peut devenir opérationnel. Le Petit Prince et l'aviateur sont donc tous deux pourvus de nouvelles forces. L'un finalisera le processus c'est-à-dire le retour à sa patrie originelle en déposant métaphoriquement son corps, c’est-à-dire en mourant dans cette nature et l'autre pourra reprendre son voyage avec son avion. Cette mort ne laisse point de trace, le corps disparaît car elle est une mort qui a vaincu la mort. L'aviateur quant à lui poursuit sa tâche en témoignant de son expérience du divin au monde. Ainsi, il rassure et rassemble tout ceux qui cherchent. Il met en lien ceux qui ont vu ou expérimenté le Petit Prince en leur demandant de rentrer en contact avec lui. Une communauté est donc possible sur la base de l'expérience au divin. Son lien avec l’âme est indélébile et les cieux ou les étoiles sont là pour lui rappeler à chaque instant son attache au spirituel.

Le caractère universel des symboles qui sous-tendent la trame explique le succès mondial de ce livre qui, loin de se contenter d'une histoire enfantine, transmet des valeurs universelles et des représentations spirituelles du devenir de l'homme. Consciemment ou inconsciemment, le lecteur est confronté à une réalité nourricière qui résonne dans le fondement même de sa structure c'est-à-dire dans la dimension spirituelle de son être qui sous-tend sa vie et lui offre non seulement le sens véritable de son existence mais également sa légitimation universelle.

vous l'aurez compris les couleurs sont la participation de tous....

bye

Du mythe du devenir  l’Homme  au conte de St Exupéry

À propos

“Nous sommes nombreux à avoir un regard différent, disons plus spirituel sur notre monde. Ce blog se veut un essai pour communiquer cette vision plus sereine et conforme à l’essence de l’être humain.”

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