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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Publié par Gisèle sur
Publié dans : #Poème de Krishnamurti
Poème de rencontre avec sa nature intérieure. J.Krishnamurti.XI.

Dans le soir tranquille,

Quand nulle feuille ne bouge,

Quand la fleur est lasse du jour

Et que le bourgeon se réjouit du lendemain,

Quand les ombres s'allongent,

Et que les fumées s'élèvent, immobiles colonnes,

Quand le monde retient son souffle,

Alors je monte avec l'alouette

Vers le séjour de mon Bien-Aimé.

J'ai erré longtemps dans les domaines de l'irréel

Pour trouver le réel.

Bien des naissances et bien des morts ont été mon partage.

Une seule journée m'apportait tant de joies, tant de peines,

Mais toujours Tu T'es dérobé,

O Toi, incarnation de la Vérité.

Je t'ai apporté toutes mes expériences,

Toutes mes douleurs, toutes mes joies.

J'ai adoré, les mains jointes, dans bien des temples,

Mais à mon approche ardente, l'image de la Vérité s'effaçait.

J'ai aimé, et j'ai fait mes délices des splendeurs de la terre.

Plein de savoir, j'ai joui de l'admiration des hommes.

Je me suis paré des vêtements des prêtres,

Mais les dieux que j'adorais ont baissé les yeux en silence.

Comme la montagne est pour la vallée lointaine, inaccessible,

Ainsi Tu as été pour moi.

Toujours Tu détournais Ta face,

Toujours Tu fus comme une étoile : éloigné, irréel.

Toujours Tu fus l'idole et moi l'adorateur.

Nul homme ne connaissait Ta demeure,

Toujours Tu fus distant, fantastique, mystérieux.

Parfois une peur immense emplissait mon coeur, souvent un grand espoir,

Ou l'indifférence totale, la lassitude.

Sans Toi j'étais une coquille vide.

Comme le tour d'un potier,

Je tournais, tournais en rond,

Consumé par une action perpétuelle.

Je T'apportais la fleur de mon coeur,

Les ravissements de mon esprit.

Mais, comme la feuille morte en automne,

Je fus déchiré, foulé au pied.

Comme un arbre sur la montagne

Croît en force dans la solitude,

Ainsi, vie après vie,

Toujours plus seul, j'ai grandi,

Atteignant le sommet.

Jusqu'à ce qu'enfin,

O Gourou des Gourous,

J'ai déchiré le voile qui Te séparait de moi,

Le voile qui T'isolait.

Maintenant, Bien-Aimé, Toi et moi ne sommes qu'un.

Et, comme le lotus rend plus belles les eaux,

Toi et moi achevons la perfection de la Vie.

O Gourou,

Ton jeu est mon Jeu.

Ton Amour est mon amour.

Ton sourire a comblé mon coeur.

Mon oeuvre est Ta création.

Tu T'es incliné vers moi, ô Amour,

Comme je m'étais incliné vers Toi

Au long des âges innombrables.

Le voile qui nous séparait est déchiré.

O Bien-Aimé, Toi et moi ne sommes qu'un.

J.KRISHNAMURTI

À propos

“Nous sommes nombreux à avoir un regard différent, disons plus spirituel sur notre monde. Ce blog se veut un essai pour communiquer cette vision plus sereine et conforme à l’essence de l’être humain.”

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