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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Publié par Nous sur
Publié dans : #Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix.
Le Troisième Jour, Les Sept Poids (I)

Ces paroles à peine dites, Elle ordonna aux pages de mettre tout le monde en rang et de faire monter chacun à tour de rôle sur la balance.


Aussitôt un des empereurs, dans son habit d'apparat, après une révérence à la Jeune Fille, grimpa sur un plateau.

Alors chaque chef de groupe posa son poids sur l'autre plateau, ce à quoi l'empereur résista, à l'étonnement général.

Mais le dernier poids fut trop lourd et il s'éleva haut en l'air, à sa grande tristesse.

Il me sembla que cela provoqua la pitié de la Jeune Fille, qui fit signe aux siens de se taire; le bon
empereur fut attaché, on le confia au sixième groupe.

Après lui un autre empereur prit fièrement place sur la balance, non sans avoir dissimulé sous son habit un gros livre épais, pensant ainsi ne pas devoir échouer.

Il résistait de justesse au troisième poids quand il fut impitoyablement entraîné vers le haut; dans sa frayeur, le livre lui échappa, tous les soldats se mirent à rire et il fut livré, attaché, au troisième
groupe.
Il en alla encore de même pour d'autres empereurs, qui furent tous honteusement raillés et ficelés.

Ensuite parut un petit homme à la barbe brune et frisée, également empereur, qui, après la révérence habituelle, monta lui aussi sur le plateau. Il résista si fermement que même si
les poids avaient été plus nombreux, il n'aurait pas bougé, à mon avis.

La Jeune Fille se leva aussitôt, s'inclina devant lui, lui fit revêtir un habit de velours rouge, lui tendit une branche de laurier, dont Elle avait à profusion sur son siège, et l'invita à s'asseoir sur les marches de son trône.
Il serait trop long de raconter ici tout ce qui arriva aux autres empereurs, rois et seigneurs; mais je ne peux passer sous silence que, contre mon attente, peu nombreux furent les nobles personnages qui triomphèrent de l'épreuve, tout parés qu'ils fussent de maintes vertus.

L'un résistait à ce poids-ci, l'autre à ce poids-là; quelques-uns à deux, et d'autres encore à trois, quatre ou même cinq poids;
cependant, rares furent ceux qui vinrent à bout de l'épreuve.
Tous ceux qui échouaient étaient durement raillés par les groupes .
Après que les nobles, les savants et d'autres eurent passé l'épreuve, on ne trouva dans leurs groupes qu'une ou deux personnes, le plus souvent aucune, qui résistât à tous les poids. Finalement, ce fut le tour des pieux messieurs, mystificateurs du peuple, et des faiseurs de fausses 'pierres des Sages'.

On les plaça sur la balance avec tant de moqueries que moi-même, malgré ma tristesse, je ris à
m'en faire éclater le ventre, et que même les prisonniers ne pouvaient s'empêcher de s'esclaffer. La plupart n'eurent pas besoin d'attendre le jugement du tribunal; ils furent chassés
de la balance à coups de fouet et de cravache, et menés vers les autres prisonniers, chacun dans son groupe.
De la foule, il resta si peu de gens que j'ose à peine en dire le nombre; parmi eux se trouvaient pourtant de hauts personnages; tous furent honorés d'un habit de velours et d'une branche de laurier.
L'épreuve terminée, il ne restait, dans un coin, que nous, qui avions les mains attachées; alors l'un des capitaines s'avança et dit: “Noble Dame, s'il plaît à votre Grâce, ne pourrait-on peser ces gens qui reconnaissent leur sottise, par simple divertissement et sans danger pour eux, pour
voir si, par hasard, il n'y aurait pas quelqu'un de bon parmi eux ?'”


Pour commencer, cela m'inquiéta fort car, dans mon épreuve, cela me consolait de n'avoir pas à subir de honte ni à être chassé du plateau à coups de fouet.

Je ne doutais pas, en effet, que beaucoup de prisonniers regrettaient de n'être pas plutôt restés dix nuits avec nous dans la salle.
Mais comme la Jeune Fille donnait son assentiment, la chose devait se faire; nous fûmes délivrés de nos liens et placés un à un sur le plateau.

Beaucoup échouèrent, mais ni raillés ni battus ils furent tranquillement conduits à l'écart.
Mon compagnon était le cinquième, il tint bon, alors nous l'acclamâmes, en particulier le capitaine qui avait intercédé pour nous, et la Jeune Fille lui accorda les honneurs habituels. Ensuite deux furent jetés en l'air à nouveau.

Quant à moi, j'étais le huitième.

Dès que, tout tremblant, j'eus grimpé sur le plateau, mon compagnon déjà assis là-bas dans son habit de velours me regarda d'un air bienveillant et la Jeune Fille elle-même esquissa un sourire. Je résistai à tous les poids, alors la Jeune Fille ordonna de me soulever
par la force et trois hommes se suspendirent à l'autre plateau, sans résultat.

Sur quoi l'un des pages se leva d'un bond et cria le plus fort qu'il put:

“C'est lui!” Et l'autre reprit: “Rendons-lui la liberté”, ce que la Jeune Fille accepta .

A suivre.

À propos

“Nous sommes nombreux à avoir un regard différent, disons plus spirituel sur notre monde. Ce blog se veut un essai pour communiquer cette vision plus sereine et conforme à l’essence de l’être humain.”

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