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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Publié par Nous sur
Publié dans : #Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix.
Le Troisième Jour, Le lieu du Jugement.

La Jeune Fille était décorée comme nous de la Toison d'Or et du Lion, d'où je conclus qu'Elle était sans doute la présidente de l'Ordre.

Nous lui demandâmes le nom de cet Ordre, mais Elle répondit que le moment de le révéler ne
viendrait qu'une fois l'affaire des prisonniers rég
lée.

Pour cette raison, leurs yeux restaient fermés; en effet, ce qui nous arrivait ici ne pouvait que les irriter et les offusquer, quoique ce ne fût rien en comparaison de l'honneur qui nous attendait.


Puis Elle reçut des mains de l'autre page l'acte divisé en deux parties.

Au premier groupe, on lut à peu près les choses suivantes:

'lls devaient reconnaître avoir cru trop à la légère en des livres mensongers et avoir eu trop bonne opinion d'eux-mêmes, c'est pourquoi ils étaient venus au château sans jamais avoir été invités.

Peut-être la plupart avaient-ils même eu l'intention, une fois à l'intérieur, de frapper un grand coup, afin de vivre ensuite dans une gloire et un luxe plus grands.

De la sorte, les uns avaient entraîné les autres, leur faisant subir ainsi tant de honte et de
moqueries qu'ils méritaient d'être gravement pun
is.

Ils le reconnurent alors, humblement, en tendant la main, après quoi l'on s'adressa avec sévérité à l'autre groupe à peu près en ces termes:

C'est en toute connaissance de cause et conviction intérieure qu'ils avaient fait des livres
mensongers, pleins de pures inventions, trompé et dupé autrui en sorte qu'ils avaient attenté, dans beaucoup, à la dignité roya
le.

Ils savaient pertinemment quelles images sacrilèges et séductrices ils avaient forgées, n' ayant même pas épargné la Trinité divine, utilisée par eux pour berner tout le monde.

On voyait maintenant clairement par quelles pratiques ils avaient tenté de fourvoyer des hôtes sincères et d'égarer les ignorants.

Tout le monde savait aujourd'hui qu'ils s'étaient rendus ouvertement coupables d'impudicité,
de prostitution, de débauche et d'autres impuretés, toutes choses contraires à l'ordre public de notre Royau
me.

Bref, ils savaient très bien avoir porté atteinte à la Majesté Royale jusque dans le menu peuple; c'est pourquoi ils devaient reconnaître comme avéré qu' ils étaient des traîtres, des misérables et des scélérats, méritant d'être punis et séparés des hommes convenables.

Ceux qui savaient jouer la comédie se refusaient à cet aveu, mais comme la Jeune Fille les menaçait de mort par serment, et qu'en outre l'autre groupe s'emportait violemment contre eux, les accusant à l'unanimité de les avoir malignement écartés de la Lumière, pour éviter le pire,
et contraints par les circonstances, ils finirent par reconnaître leurs fau
tes.

Ils ajoutèrent que ce qui s'était passé ne devait pas leur être trop lourdement compté, leurs
victimes étant des seigneurs désireux d'entrer dans le château à tout prix et qui, à cette fin, leur avaient promis de fortes sommes d'arg
ent.

Tous les coupables avaient donc rivalisé de ruse pour obtenir leur part.

Voilà ce qui s'était passé, mais comme ils avaient échoué, ils estimaient n'avoir pas fait plus de mal que les seigneurs.

Si ces derniers n'avaient pas cru que l'un d'entre eux, au moins, réussirait à entrer, ils n'auraient pas escaladé avec eux les murs à leurs risques et périls pour si peu.

On avait acheté leurs livres avec tant d'empressement que ceux qui ne pouvaient subsister autrement, étaient bien forcés de commencer par ce genre de tromperie.

Ils espéraient donc que, en toute équité, on ne le leur imputerait pas à mal, qu' ils avaient, comme il sied a des serviteurs, servi les seigneurs à leur demande expresse.

Ils tentaient de se disculper par des discours de ce genre.

On leur répondit, néanmoins, que sa Majesté Royale avait décidé de les punir tous les uns plus durement que les autres.

Ce qu'ils invoquaient pour leur défense était vrai en partie (et de ce fait les seigneurs n'échapperaient pas à la punition) mais ceux qui s'étaient présentés avec tant d'impudence et avaient sans doute séduit des ignorants contre leur volonté, devaient se préparer à la mort; le même sort attendait ceux qui, par la lecture de livres trompeurs, avaient offensé sa Majesté Royale, ce qui ressortait clairement de leurs propres écrits et ouvrages.
Sur ce, beaucoup commencèrent à se lamenter pitoyableme
nt.

Ils se jetèrent à genoux, pleurant, gémissant, suppliant mais en vain.

J'étais fort surpris que la Jeune Fille pût rester si impassible devant eux; en effet (quoi que la
plupart nous eussent causé maintes douleurs et souffrances) leur misère éveillait notre pitié à tous et nous émouvait jusqu'aux larm
es.

Elle renvoya rapidement son page.

Celui-ci revint avec tous les cuirassiers qui se tenaient ce jour-là autour de la balance.

On ordonna à chacun de rassembler les siens et de les conduire en bon ordre dans le grand jardin de la Jeune Fille; cela en sorte qu'un cuirassier marchât toujours à côté d'un prisonnier.

Je fus étonné que chacun reconnût le sien si facilement.
On permit cependant à mes compagnons de la veille d'entrer sans chaînes dans le jardin, pour assister à l'exécution de la sente
nce.

Dès que tous furent sortis, la Jeune Fille se leva et nous pria de nous asseoir sur les marches de son trône afin d'y être aussi présents.

Nous ne refusâmes point, laissâmes tout sur la table (excepté la Coupe que la Jeune Fille avait confiée à la garde du page) et, parés de nos somptueux vêtements, nous fûmes emmenés sur le trône, qui avançait de lui-même aussi doucement que s'il glissait dans l'air;

parvenus ainsi dans le jardin, nous nous levâmes tous .


Ce jardin n'était pas particulièrement beau, mais il me plut que la disposition des arbres y fût si raffinée; il y avait aussi une magnifique fontaine, ornée de scènes merveilleuses, d'inscriptions et signes étranges (dont je m'occuperai, si Dieu le veut, dans un prochain livre) .

Dans ce jardin, était érigée une estrade de bois recouverte de belles toiles, peintes avec art. Quatre galeries se superposaient.

La première, plus belle que les autres, était tendue d'un rideau de moire blanche, en sorte que nous ne pouvions voir qui s'y cachait.

La deuxième était vide et découverte.

Les deux dernières étaient à leur tour tendues de moire rouge et bleue.

A suivre.

À propos

“Nous sommes nombreux à avoir un regard différent, disons plus spirituel sur notre monde. Ce blog se veut un essai pour communiquer cette vision plus sereine et conforme à l’essence de l’être humain.”

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