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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Publié par Nous sur
Publié dans : #Les Noces Alchimiques de Christian Rose-Croix.
Le Deuxième Jour, Le Temple du Jugement (I).

Je m'exécutai si précipitamment que j 'oubliai de lui dire adieu tellement j'étais effrayé, et à juste
titre.

En effet, je ne pus courir assez vite pour n'être pas rejoint pas la Jeune Fille.

Comme toutes les lumières s'éteignaient derrière elle, je n'aurais jamais pu trouver le chemin si elle ne m'avait pas éclairé avec sa torche.

Et c'est à peine si je pus me glisser à ses côtés pour entrer, car le portail se ferma si vite qu'un pan de mon manteau s'y trouva pris.

Je dus naturellement l'y laisser, car ni moi, ni ceux qui m'avaient obligeamment exhorté devant le portail ne purent convaincre le gardien de le rouvrir.

Il assurait qu'il avait donné la clef à la Jeune Fille et qu'elle l ' avait emportée avec elle à la Cour.
Pendant ce temps, je contemplais ce portail. Il était si splendide qu'il n'avait pas son pareil dans le monde entier.
De chaque côté se dressait une colonne. Sur l'une, il y avait une statue au visage joyeux avec l'inscription:


Congratulor (je me réjouis avec toi).
Sur l'autre, une statue au visage triste avec l'inscription:
condoleo je souffre avec toi).


Bref, c'étaient des figures et des paroles si obscures et mystérieuses que même l'homme le plus instruit de la terre n'aurait su les interpréter.

Cependant, si Dieu le veut, elles seront bientôt toutes mises en lumière et expliquées par
moi.
A ce portail, je dus à nouveau donner mon nom; il fut inscrit en dernier sur un livret de parchemin, puis envoyé avec d'autres à l'Epoux.

C'est alors seulement que le véritable insigne destiné aux invités me fut donné; il était plus petit
que tous les autres, mais bien plus lourd.

Il y figurait les lettres S.P.N. (Sponsi Praesentandi Nuptiis: celui-ci est, aux Noces, l'Invité de l'Epoux.
On me donna de plus une paire de souliers neufs, car le sol du palais était couvert de pur marbre clair.

Je pus faire don à ma guise de mes vieux souliers à un des pauvres qui attendaient souvent, assis en bon ordre, près du portail. Je les donnai à un vieillard.

Par la suite, deux pages portant des flambeaux me conduisirent dans une petite chambre, où l'on
me fit prendre place sur un banc. Ils fixèrent leur torche dans deux trous du sol et disparurent, me laissant seul.

Peu après, j'entendis du bruit mais ne vis rien. C'était quelques hommes, qui tombèrent sur moi. Comme je ne voyais rien, je dus me laisser faire et attendre ce qui allait m'arriver.
M'apercevant rapidement que c'étaient des barbiers, je leur demandai de ne pas me serrer si fort, car j'étais disposé à faire ce qu'ils voudraient. Ils me lâchèrent alors et l'un d'eux,
que je ne pus voir, me rasa les cheveux en rond, très élégamment et proprement, au milieu du crâne, en laissant pendre sur mon front, à la hauteur des yeux et des oreilles,
mes longs cheveux gris.
Je dois avouer qu'un tel début m'ôta presque tout courage.
En effet, comme ils me serraient fortement et que je ne voyais rien, j'en arrivais à croire que Dieu m'avait abandonné à cause de mon arrogance.
Cependant les barbiers invisibles ramassèrent soigneusement les cheveux rasés et les emportèrent avec eux.

Sur quoi, les deux pages rentrèrent en riant de bon coeur de ce que j'avais eu si peur.

A peine eurent-ils échangé quelques mots avec moi qu'une petite cloche retentit de nouveau, signalant qu'il fallait nous rassembler au dire des pages.

Ils m'invitèrent à les suivre et m'éclairèrent le long de nombreux couloirs, portes et tournants, jusque dans une vaste salle.

Dans cette salle, il y avait une grande foule d'invités:
empereurs, rois, princes et seigneurs, nobles et bourgeois, riches et pauvres, ainsi que pas mal de gredins, ce qui m'étonna fort, et je pensai en moi-même:

“Quel sot tu as été de t'être rendu la vie si amère et si aigre pour ce voyage !
Ces gens, tu les connais bien et tu ne les as jamais estimés. Et maintenant, ils sont là, eux aussi, alors que toi, avec toutes tes prières et tes supplications, c'est à peine si tu as pu rentrer le dernier ! “
Le diable me soumit ces pensées, et beaucoup d'autres, bien que je lui eusse montré la porte de mon mieux.

Entre temps, plusieurs de ceux qui me connaissaient m'interpellaient:

“ Eh bien, frère Rose-Croix. te voilà, toi aussi ! “
“Oui, frère, répondais-je, la grâce de Dieu m'a permis, à moi aussi, d'entrer ici.”

Sur quoi ils éclataient de rire, trouvant ridicule qu'une si mince affaire nécessitât l'aide de Dieu.
Quand je demandais à chacun par quel chemin il était venu, la plupart racontaient qu'ils avaient escaladé les rochers.
Alors, à coups de trompettes - dont on ne voyait aucune - le signal fut donné de passer à table; sur ce, chacun alla s'asseoir selon l'idée qu'il avait de valoir mieux que certains autres, si bien qu'il ne resta, pour moi et quelques pauvres compagnons, qu'une petite place au bas bout de la table.
Peu après, les deux pages rentrèrent et l'un prononça une prière si belle et si admirable que mon coeur se réjouit intérieurement.

Quelques grands seigneurs n'y prêtèrent guère d'attention; ils riaient entre eux, gesticulaient,
mordaient leur chapeau et faisaient bien d'autres pitreries.
Ensuite on servit le repas, et tout y était si soigneusement ordonné, qu'il me sembla que chaque invité avait son propre serviteur, bien qu'on n'en vît aucun.

Dès que les plaisantins furent quelque peu rassasiés et que le vin leur eut fait perdre toute retenue, ils se mirent à se vanter et à fanfaronner.

L'un aurait fait ceci, l'autre cela, et les plus insignifiants criaient le plus fort.

Quand je repense aux choses impossibles et surnaturelles dont j'entendis alors parler, je pourrais encore m'en irriter. A la fin, ils ne restèrent même plus à leur place;
bientôt les beaux parleurs se glissèrent, ici et là, entre les seigneurs. Ils se vantaient de
hauts faits qu'un Hercule ou un Samson, malgré toute leur force, n'auraient pu accomplir. L'un voulait libérer Atlas de son fardeau, l'autre arracher Cerbère tricéphale aux enfers.
Mais les grands seigneurs n'avaient pas la sottise de les croire.
Les scélérats finirent par montrer tant d'audace que, bien qu'on leur tapât de temps en temps sur les doigts avec les couteaux, ils n'y faisaient pas attention et quand l'un d'eux eut dérobé une chaîne en or, ils voulurent tous essayer d'en faire autant. L'un prétendait entendre le bruissement du ciel, un deuxième contempler les Idées de Platon, un troisième dénombrer les atomes de Démocrite.

Plusieurs avaient même inventé le mouvement perpétuel.

Il est vrai que beaucoup me paraissaient intelligents mais, malheureusement pour eux, ils avaient trop bonne opinion d'eux-mêmes. Pour finir, l'un d'eux voulut tellement nous en faire accroire qu'il prétendit voir ceux qui nous servaient.

Il aurait certainement continué ses vantardises, si l'un des serviteurs invisibles ne lui avait administré une claque si retentissante sur sa bouche pleine de mensonges que non
seulement lui, mais plusieurs à côté de lui en devinrent muets comme des carpes.

A suivre.

À propos

“Nous sommes nombreux à avoir un regard différent, disons plus spirituel sur notre monde. Ce blog se veut un essai pour communiquer cette vision plus sereine et conforme à l’essence de l’être humain.”

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