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Regards et Partage...

Un regard plus spirituel

Le Basilic ou le dragon ailé.

Le Basilic ou le dragon ailé.

Mais, sortie des ténèbres,

rampa la couvée de serpents,

qui me couvrirent de morsures

tranchantes jusqu'au sang,

pénétrantes jusqu'à l'intime.

Leurs dents si pointues et si dures

firent à leur vue se figer mon âme.

"Est-ce pour nous laisser périr au désert

que tu nous fis sortir d'Egypte ?"

Alors le Seigneur parla :

"Façonne un serpent d'airain,

érige-le comme un signe.

Quiconque sera mordu,

de la regarder vivra.

Alors les serpents disparurent.

Les forces qui attachent l'homme à la terre sont solides et tenaces.

Le basilic représente la synthèse de ces énergies.

Il est le dragon ophidien qui tue d'un seul regard.

On le voit souvent avec une tête de coq couronnée. On dit parfois qu'il est sorti d'un oeuf de serpent ou de crapaud, ou même qu'il a été couvé dans du fumier.

Métaphores qui renvoient à cette part, en l'homme, de déraison repoussante, appelée à disparaître.

Ici, le coq n'est pas le héros du jour naissant, mais le belliqueux volatile, arborant une crête écarlate, symbole d'une raison dominée par les bas instincts.

De même, le basilic personnifie l'illusion de royauté personnelle, le "petit roi" qui essaie de tenir la bride haute à l'âme qui s'éveille.

Dépourvu d'ailes, le basilic sera compté au nombre des ophidiens.

Doté d'ailes, il devient un oiseau des Mystères.

La planète Mars lui est associée. Mars polarise le fer qui régule la température du sang humain, et assure la mise en oeuvre de la volonté.

Action et réaction sont étroitement intriquées, et ce n'est pas par hasard que Mars soit le dieu de la guerre, s'amusant à engendrer la violence, et à faire couler le sang.

Pour l'homme en quête de spiritualité, la conscience abdominale archiséculaire, dirigée sur la vie terrestre, est un facteur de perturbation.

Pas seulement à cause de l'énergie sexuelle qui y a son siège, mais surtout, parce que la concupiscence s'enracine dans le sanctuaire du bassin dont le "cerveau" est le plexus solaire.

De là, naissent des suggestions à des divertissements inconséquents, à des doutes, à l'incroyance.

Dans la traversée du désert, les Israélites adressèrent à Moïse leur plainte : "Est-ce pour que nous périssions dans le désert que tu nous as guidés hors d'Egypte?"

Quiconque foule le chemin du renouveau de l'âme, doit, durant cette phase, se garder de tout faux pas.

Le feu purificateur peut être éprouvé presque physiquement comme une morsure de serpent, chaque fois que les vieilles habitudes font valoir leurs droits.

C'est pourquoi, le Seigneur dit à Moïse d'ériger un serpent d'airain, vers lequel quiconque ayant été mordu, devra tourner ses regards, afin de rester en vie.

Ce processus est illustré par un serpent cloué à la croix, le "serpent mercurialis" des alchimistes.

Ce serpent érigé est l'opposé de la bête rampante, il symbolise la conscience purifiée et redressée, par opposition à la vile conscience terrestre.

La victoire ne s'obtient qu'au prix du sacrifice de la volonté instinctuelle, de sorte qu'elle ne réagisse plus aux manoeuvres du tentateur.

D'après les alchimistes, il faut présenter au basilic un miroir qui réfléchisse son regard mortifère.

Le miroir est le symbole de la connaissance de soi, l'observation neutre des forces émanées de soi, comme d'autrui.

Quand survient un émoi, et que le sang bouillonne, la connaissance de soi permet, pour ainsi dire, de garder la tête froide, sans prêter à une réaction.

Parfois, le basilic peut être remplacé par un paon, prédateur de serpents.

Grâce au somptueux bariolage de son plumage caudal - cauda pavonis - il est à même de transformer les forces négatives en élixir solaire.

Les "yeux" de la queue du paon, symbolisent la sagesse résultant du conflit avec son propre karma négatif, le basilic.

Cette symbolique possède, par ailleurs, une autre signification : le paon n'est-il pas aussi le symbole de la vanité, de l'exhibitionnisme narcissique ?

Cette double interprétation est due, vraisemblablement, à certains alchimistes qui se sont autorisée à voir, dans le déploiement de la queue du paon, le signe que le processus de transmutation a été corrompu.

En effet, lorsque le candidat échoue à renvoyer ses suggestions à l'adversaire, et qu'il se contemple lui-même dans le lustre de son prétendu avancement, il confond le chemin transfiguristique avec la voie occulte de culture du moi.

En vue du succès du processus, l'avertissement est toujours de rigueur : Demande-toi toujours si ce que tu vois est la queue de paon du moi qui parade, ou si c'est le spectre lumineux, déployé, de "l'arche de la promesse", l'éclat du corps vivant gnostique.

A suivre : Le Pélican.

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